Article tiré du site de la fédération : ici

Les principes d'une démarche coopérative

Le climat de classe
Tout d’abord, il faut instituer dans la classe et, si possible, dans l’établissement, un « climat » coopératif, c’est-à-dire un climat de vie et d’apprentissage fondé sur des valeurs et des principes spécifiques : respect, solidarité, entraide, gestion démocratique de la vie de la classe, temps de parole et instances de régulation…

 

Les activités d'apprentissage
Il faut ensuite proposer des « activités d’apprentissage » suffisamment complexes pour que celles-ci soient perçues comme une « énigme » à résoudre, par tous les élèves, quelle que soit leur compétence initiale.

Pour que ces activités aient du sens, il est, d’autre part, souhaitable qu’elles soient intégrées dans un projet « finalisé », la plupart du temps pluri- ou trans-disciplinaire.

 

Le travail en groupe
Il faut ensuite permettre aux élèves de travailler à ces situations d’apprentissage au sein de différents « groupes ». En effet, c’est au sein de groupes hétérogènes que les élèves auront la possibilité de confronter leurs représentations, d’expliquer et de justifier leur démarche, de valider les résultats… c’est-à-dire de construire ensemble leur savoir.

 

L'interdépendance positive
L’ « interdépendance positive » et la « responsabilisation des élèves » constituent la cinquième composante essentielle de cette démarche. On pourrait dire que ce qui est en jeu ici, c'est la « solidarité du groupe ». Il s’agit de créer des relations qui permettent à chaque élève de se sentir responsable des ses actes et de ses apprentissages, comme de ceux des autres.

 

L'objectivation et l'évaluation
Le dernier principe est « l’objectivation et l’évaluation ». Là encore, le terme est barbare, mais le principe est simple. En fait, il faut permettre aux élèves d’analyser la façon dont ils ont travaillé ensemble (c’est ce qu’on entend par « objectivation ») et d’évaluer la qualité des apprentissages qu’ils ont réalisés, la qualité du travail qui leur était demandé.

Apprendre en coopérant

La psychologie cognitive a, depuis plusieurs décennies (au moins depuis les travaux de Jean Piaget), clairement mis en évidence le rôle des « interactions sociales » (échanges, confrontations, justifications) dans les apprentissages. Chaque élève apprend tout seul, mais il apprend grâce aux autres, avec les autres, et même il apprend des autres. Il apprend d’autant mieux qu’il se trouve dans un groupe hétérogène et qu’il doit résoudre avec les autres des problèmes complexes.

 

De nombreuses recherches nord-américaines et québécoises, menées ces vingt dernières années à partir du résultat de centaines d’études dans les domaines du rendement scolaire, du développement social et du développement affectif, pour des élèves du primaire et du secondaire, ont toutes montré que les situations d’apprentissage en « coopération » (qui impliquent le travail au sein de groupes hétérogènes, l’entraide, la solidarité, les échanges entre pairs, la résolution de problèmes complexes) étaient plus « performantes », dans ces trois domaines, que les situations d’apprentissage compétitives ou individuelles.

 

Les situations d’apprentissage en coopération, parce qu’elles nécessitent un environnement à la fois plus riche, plus complexe et plus sécurisant, parce qu’elles se fondent sur des valeurs sociales et humanistes, parce qu’elles impliquent l’échange, la confrontation, l’explication… sont plus efficaces sur le plan de la qualité des apprentissages cognitifs (les connaissances) et sur le plan « éducatif ».

 

Il ne s’agit pas pour autant de supprimer de l’enseignement tout espace pour le travail individuel, indispensable à « l’entraînement » ; il ne s’agit pas non plus d’éliminer la compétition qui peut, à certaines conditions, provoquer une réelle émulation (pensons aux jeux de société, aux jeux ou sports collectifs), pourvu toutefois que cette dernière ne tombe pas dans l’exclusion des faibles. Travail individuel, coopération, compétition, il y a un équilibre à trouver entre ces différentes approches pédagogiques.

La coopération en pratique

Pour rendre les élèves responsables et acteurs dans tous les aspects de la vie de l’école, la classe, organisée de façon "coopérative", s’appuie sur un certain nombre de pratiques pédagogiques et de structures inspirées, pour la plupart, des organisations coopératives, mutualistes ou associatives.

 

Le conseil de coopérative

Le conseil de coopérative permet d’organiser et de réguler la vie de la classe lors de réunions périodiques regroupant enseignants et élèves. Ces moments de débats sont également le lieu privilégié pour la gestion des projets de classes ou d’écoles. En cela, le conseil favorise l’apprentissage de la prise de parole et du débat démocratique.

 

Les « rôles » ou « métiers »

Que ce soit dans les conseils de coopératives ou dans l’organisation de la classe, la responsabilisation des élèves passe par les «rôles» ou «métiers» attribués à chacun d’eux comme : secrétaire de séance, responsable de la bibliothèque de classe, médiateur, rédacteur pour le journal scolaire…

 

L'écriture des règles de vie de classe

A partir d’un “ projet de vie ” explicitant les grands principes qui vont guider la vie de la classe, la participation active des élèves donne l’occasion d’aborder la question du rapport à la loi, à la justice et au droit.

 

La gestion des projets et des moyens financiers de la coopérative

Ils permettent l'apprentissage de la vie associative.

 

Le tutorat, l'entraide, le travail de groupe sont les moyens de mettre la solidarité et la coopération au coeur même de la construction des apprentissages.

 

Les contrats et plans de travail

L’organisation coopérative s’appuie également sur des outils pédagogiques comme les «contrats», les «plans de travail» ou encore les «fichiers» qui permettent aux élèves d’alterner des travaux en groupe avec des apprentissages en autonomie.

 

L'évaluation

Qu’ils soient menés en groupe ou individuellement, dans les classes coopératives, les moments d’évaluation associent les élèves au suivi de leurs apprentissages mais également à ceux des autres élèves de la classe.

 

La correspondance scolaire, le journal de la classe ou de l'école inscrivent un grand nombre d’apprentissages dans de réelles actions de communication.

La charte de la coopération à l'école

Charte de la coopération à l'école.pdf
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